1911, 1921 Sécheresse et chaleur records (14/9/18 source infometeo)

Nul doute que les « ancien(nes) » présent(e)s à cette époque relativiseraient la situation de cette année.

En effet, les années 1911 et 1921 furent véritablement hors-normes au niveau climatologique en Belgique mais aussi... dans d'autres parties du monde.

En ce qui nous concerne, voici quelques relevés de l'époque via l'IRM.

En 1911, fin juillet, la chaleur atteint son paroxysme sur notre pays, des valeurs de 36,7°C à Huy, 37,0°C à Maredsous, 38,2°C au lac de La Gileppe, 39,5°C à Saint-Josse-Ten-Noode sont relevés.

Le 23 juillet 1911 fut sans conteste l'une des journées les plus chaudes du siècle, il faut tout de même rester très prudent avec ces valeurs car les normes étaient moins rigoureuses quant aux observations (erreur d'environ 2°C).
Une semaine plus tard seulement, on mesure 35,4°C à Ostende, c'est la valeur la plus élevée pour la région côtière, toujours à l'heure actuelle.
En août de la même année, il fait toujours suffocant, entre le 8 et le 14 août, on relève 7 jours de canicule consécutifs à Uccle. Même en septembre, plusieurs jours au-delà de 30°C furent encore comptabilisés.

Néanmoins à cause de la grande marge d'erreur révélée plus haut, il ne serait pas judicieux de comparer 2018 avec 1911.
Il en est autrement pour les précipitations, les méthodes de calcul n'ont pas grandement changés et puis, un jour de pluie reste un jour de pluie .
Ainsi, sur le mois de juillet, on n'a observé que cinq jours de pluie à Uccle (normale : 16 j).

C'est le record pour ce mois d'été, ex-aequo avec juillet 1989.

Ensuite, entre le 4 juillet et le 19 août - soit sur une période de quarante-sept jours -, le total des pluies n'a atteint que 3,6 mm à Uccle.

En fin d'été la situation débouche sur d'importants incendies de forêts en Hautes-Fagnes.

Au niveau des précipitations, c'est encore bien pire pour l'année 1921.

Déjà la fin avril débouchait sur 21 jours sans précipitation à Uccle.

Et ce n'est qu'un triste début, en juillet seulement 5,9mm sont tombés (contre 79,8mm normalement).
A Uccle, l'été qui se termine aura été le plus sec du siècle : le total pluviométrique sur les trois derniers mois n'aura atteint que 42,9 mm (normale : 216,7 mm).

Depuis un an, la Belgique connaît un déficit remarquable des précipitations. En témoigne par exemple le niveau particulièrement bas des eaux au barrage de la Gileppe (Jalhay, voir photo).

Petit Erratum: la photo du barage prise par F. Cornet a été en réalité réalisée par G. Ernst et transmise par M. Cornet.

L'automne ne voit pas la situation s'améliorer... au contraire.

Entre le 19 septembre 1921 et le 21 octobre 1921 il n'a pas plus une goutte à Uccle.

En fin d'automne on ne compte que 27 jours de pluie à Uccle contre 52 en moyenne. C'est le chiffre le plus bas du siècle pour la saison.

Finalement, 1921 a été la plus sèche du siècle à Uccle avec un total de 406,4 mm (normale : 804,1 mm). Les autres années les plus sèches sont, dans l'ordre, 1949, 1976, 1953 et 1959 .

La fréquence des jours de précipitations est également la plus faible du siècle, avec seulement cent cinquante-trois jours de précipitations (normale : 208 j). Pour votre info, à l'heure actuelle, de source info climat, grâce à un printemps et certains intermèdes assez pluvieux en hiver on culmine à environ 317mm à Uccle et il reste encore presque 5 mois...

Au niveau mondial, la sécheresse de 1921 a touché presque l'ensemble des régions tempérées de l'hémisphère Nord entre l'automne 1920 et le début du printemps 1922.

En Russie, la sécheresse provoque la famine soviétique de 1921-1922. L'Europe (Angleterre, France) et les États-Unis sont également touchés.

Dans la région parisienne et le Dauphiné, les précipitations de l'année 1921 ont été inférieures à la moitié des valeurs normales.

À Paris, il ne tombe que 267 mm dans l'année, ce qui en fait l'année la plus sèche du XXe siècle, loin devant 1976 avec 440 mm. Entre le 22 mai et le 11 juillet, il ne pleut que 2 millimètres.

Cette sécheresse s'accompagne d'un ensoleillement de 2 314 heures à Paris contre une moyenne de 1 650 heures.

Notre but ici, n'étant pas de remettre un quelconque changement climatique en cause.

Mais simplement de vous permettre de relativiser la situation dans laquelle nous sommes. Les paramètres qui ont changé de façon réellement perceptible depuis cette époque sont l'urbanisation galopante, probablement aussi la pollution beaucoup plus présente ainsi que l'agriculture plus intensive.

Mais d'un autre côté, nos technologies peuvent nous aider aussi à faire face au manque d'eau et à la chaleur, à nous d'en faire peut-être un usage plus approprié.

Michael Bleret - Info Météo