L'été très exceptionnel de 1976 (19/7/18)

L'été historique de 1976 fut à la fois

marqué par une forte sécheresse et par plusieurs périodes caniculaires (au moins 5 jours où la température dépasse 25° dont 3 jours à plus de 30°) .



1. Un été exceptionnellement chaud!


La canicule la plus extraordinaire est sans conteste celle du 22 juin au 8 juillet, où l'on a enregistré  15 à 16 jours consécutifs où la température a atteint ou dépassé les 30°C et ce, presque partout en Basse et Moyenne Belgique, en Campine, en Gaume et dans la plupart des vallées ardennaises.

Une aussi longue série de jours caniculaires est unique dans l'histoire météorologique belge.

Ni 2003, ni 2006 n'ont réussi à se rapprocher d'un tel record.

En 2003, on a pu observer localement une série de 12 jours de chaleur consécutifs en Campine et en Gaume. Ce fut le cas, notamment, à Kleine Brogel, Lanaken, Virton, Dohan et Aubange. En 2006, on a observé jusqu'à 19 jours de chaleur en juillet à Kleine Brogel, mais ils n'appartenaient pas à une série de jours consécutifs. La plus longue série, cette année-là, a été de 6 jours.


Si l'on regarde plus loin dans le passé, on ne retrouve rien qui puisse s'approcher de 1976.

L'été très chaud de 1852 a connu localement une série de 9 jours consécutifs où la température atteignait ou dépassait 30°C.

En 1783, en extrapolant les rares données existantes, on peut raisonnablement estimer que les 30°C ont été atteints ou dépassés durant 12 jours consécutifs.

Seul l'été 1540, d'après les témoignages de l'époque et les situations atmosphériques reconstituées, aurait puprésenter une telle vague de chaleur. 1540 sert aussi de référence comparative pour 2003 et il n'est pas exclu que 1540 « batte à plate couture » les deux étés en même temps.

Mais comme le thermomètre n'était pas encore inventé de ce temps-là, nous ne pourrons jamais avoir une quelconque certitude à ce propos.

Le qualificatif de « très exceptionnel » reste donc d'actualité si l'on parle de cet aspect-là de la canicule de l'été 1976. Pour la moyenne globale, l'honneur revient à l'été 2003, principalement dans le sud de la Belgique.


On peut conclure de tout ceci que la période du 23 juin et 8 juillet restera sans doute pour longtemps encore la pire des canicules de l'histoire, avec 16 jours de chaleur consécutifs en de nombreux endroits (dont Uccle).

En matière de vague de chaleur officielle (au moins 5 jours avec 25°C ou plus, dont 3 jours avec 30°C ou plus), 1976 tient le haut du pavé aussi, avec des durées de 17 à 18 jours dans la plupart des régions.

Par endroit, les interruptions des 10 et 11 juillet et des 13 et 14 juillet ont malgré tout donné des températures supérieures ou égales à 25°C.

Ce fut le cas notamment à Zelzate (au nord de Gand), où la vague de chaleur a duré 25 jours en tout (du 22 juin au 16 juillet). Il s'agit de l'une des plus longues vagues de chaleur jamais observées en Belgique.

Seuls Lanaken et Kleine Brogel, au Limbourg, feront mieux en 2006, avec respectivement 32 et 33 jours. En 2006 toutefois, les journées consécutives avec 30°C ou plus seront bien moins nombreuses.


2. Un été très exceptionnellement sec

Commentons la sécheresse qui a également sévi en 1976. Celle-ci peut aussi être considérée comme très exceptionnelle.

On peut même dire catastrophique, puisqu'elle englobe principalement les mois du printemps et de l'été (les mois les plus secs à Uccle : avril avec 10,1 mm ; juin avec 12,1 mm et août avec 15,1 mm) et que la plus grande partie de cette période a été particulièrement ensoleillée et chaude. Les pluies d'orage de juillet n'apporteront par ailleurs que peu de soulagement. Si l'on calcule le déficit en eau des couches supérieures du sol et qui, outre les précipitations, prend également en compte des paramètres tels que l'évaporation et les températures maximales, l'on peut se rendre compte à quel point la sécheresse de 1976 a été néfaste pour la végétation.

En 1995-1996, notre pays a également connu une importante période de sécheresse, mais elle est passée quasiment inaperçue car elle s'est produite principalement pendant la « mauvaise saison ».

Entre août 1995 et juillet 1996 (période de 12 mois), on a même noté un déficit record, avec seulement 476,1 mm d'eau. Les mois très secs ont été notamment octobre 1995 (6,0 mm), janvier 1996 (15,0 mm) et avril 1996 (6,0 mm). Cette période a toutefois été assez froide dans son ensemble.

En outre, l'été 1996, après un début prometteur (32,9°C à Uccle le 7 juin), a été assez décevant, avec un mois de juillet « normal » (c.-à-d. bien belge) et un mois d'août particulièrement pluvieux.

On se souviendra aussi de l'extrême sécheresse du mois d'avril 2007, avec 0,0 mm de précipitations sur tout le mois. Cette absence totale de précipitations, par ailleurs, durera même 36 jours.

En plus, ce mois d'avril sera très exceptionnellement chaud et ensoleillé, mais la situation ne perdurera pas au-delà du 6 mai.

La fin du printemps et l'été seront assez peu ensoleillés, avec des précipitations parfois même assez abondantes.

Le printemps 2011 est également marqué par une sécheresse qui n'est pas sans rappeler celle de 1976.

En effet, les précipitations sont très déficitaires en dépit de quelques « interruptions » orageuses de la sécheresse. En outre, les températures sont fort élevées pour la saison.

Le côté le plus spectaculaire de cette sécheresse aura été sans conteste le feu qui s'est déclaré dans les Hautes Fagnes le 25 avril dernier et qui a ravagé près de 1000 hectares de végétation (un quart de la réserve naturelle !) .

En 1921, la sécheresse printanière a mené à un été chaud et catastrophiquement sec.

En 1996 et 2007 par contre, comme nous venons de voir, la situation s'est normalisée, voire inversée en été. Quant à l'énorme sécheresse qui a sévi durant le printemps 1893 (37,6 mm pour les 3 mois), elle a été suivie, en été, par un temps certes relativement chaud et sec, mais sans plus.

Les comparaisons ci-dessus complètent cet aperçu de la vague de chaleur et de sécheresse de 1976. Ajoutons encore que la vague de chaleur de 2010, d'une durée de 8 jours à Uccle (dont 4 avec 30°C ou plus), reste bien à l'ombre des grandes vagues de chaleur.

Et même Kleine Brogel, avec ses deux vagues de chaleur (respectivement 12 et 11 jours), n'a rien connu de vraiment exceptionnel.

Sources: IRM-Météo Belgique